Lembongan, mélange des cultures

Lembongan, c’est la petite île au Sud Est de Bali, collée à la plus sauvage Nusa Penida. Avant de poursuivre le chemin du retour, nous avons décidé de venir nous essayer à la vie insulaire (enfin, encore plus insulaire) indonésienne.

Une arrivée en trombes

On commence à être rodés niveau organisation, Emi à la recherche des hébergements, et moi à la logistique transport. C’est une affaire qui roule !
A Ubud, nous embarquons dans un mini-bus de touristes à destination de Sanur, ville côtière de Bali. Petite pause rapide à la petite agence climatisée de la compagnie de bateau, avant de sauter à l’arrière d’un petit camion et nous voici à l’embarcadère. Emi va nous chercher du riz et du poulet aux cacahuètes enveloppés dans une feuille de banane (ah, pas de déchets plastiques, parfait !) et nous attendons de monter dans le hors-bord en regardant les locaux jouer aux échecs sur les bancs.

Joueurs d'échecs

Le bateau ressemble fort à celui que j’ai pris au Viêt Nam pour accéder à la baie d’Along. C’est un long hors-bord qui rebondit sur chacune des vagues avec fracas. On s’accroche et prions pour que personne ne soit malade. Trente minutes plus tard, nous débarquons sur Lembongan. La mer est bleu turquoise et magnifique !

La longue plage est jalonnée de bateaux de pêcheurs et de plonger. Des petites échoppes vendent quelques fruits et snacks. De part et d’autres, des restaurants et bungalows. Un nouveau ‘bus ouvert’ et nous sommes déposés devant notre hôtel.

Bambous climatisés

C’est les vacances ! alors nous avons réservé un bungalow de luxe. Une grande cabane en bambous, à deux étages où le niveau supérieur abrite la chambre d’où la baie vitrée dévoile la piscine. Aaah on est biens, et seulement à dix minutes de la plage. Le patron aux Raybans métallisées nous indique nonchalamment où on prend le petit déjeuner le matin et les activités du coin.

En deux jours et demi, nous en avons bien profité. Sauter dans la piscine de jour comme de nuit pour se rafraîchir, lézarder dans les canapés pour récupérer, et rayonner dans le village principal de l’île.

Lembongan

Lembongan est une île étrange. S’y mélangent un tourisme massif et des villages traditionnels locaux. Le long des plages, les restaurants et hôtels n’ont pas décidé entre palaces occidentaux et architecture indonésienne. Des bars crachent les watts sur des tubes américains, d’autres affichent leurs menus sur des ardoises noires, leurs voisins en bambous proposent des plats locaux et simples.

Si on s’éloigne des plages et des rues principales, l’odeur et le bruit de l’Indonésie reviennent. Plats sautés et grillés, terre détrempée après l’orage, pétarade des deux roues, yeux étonnés des grands-mères. Un jour à 15h, j’ai pu tester mes premiers mots de bahasa indonesia (indonésien) pour chercher à manger. C’est à une roulotte ambulante que j’ai fini par acheter une soupe de nouilles et boulettes de viandes, servie dans un petit sac plastique (comme les poissons rouges dans les foires).

Couchers de soleil

Deux jours sur place, deux couchers de soleil !
Le premier de Mushroom Bay, à l’écart des restaurants aux petits lampions colorés allumés dessous lesquels les blancs sirotent leurs bières affalés sur des grands poufs. La végétation verte sombre s’accroche en haut de falaises jaunes.
Le deuxième sur la longue plage de Paradise Beach, où s’alignent les bateaux de plongeurs aux couleurs vives. Nous faisons face à la grande île de Bali dont le volcan Agung est perdu dans la brume épaisse. Ses pentes vertes pâles virent au jaune œuf avant de tomber dans l’obscurité bleu violacée. Les raies oranges marbres le ciel et nous rentrons avec quelques frissons.

Coucher de soleil

Balade à vélo

L’après-midi de notre arrivée, ragaillardis par une micro-sieste et les lumières de fin de journée, nous négocions ardemment deux vieux vélos rouillés. Et nous voiça parta à la découverte de l’île.

Sitôt sortis de la rue principale, nous empruntons des chemins de terre entre les maisons locales. Petites échoppes, habitations deux pièces microscopiques, foyers sentant bon les brochettes de poulet grillé. Nous retournons vers la plage, et changement de décors avec ses bars et restaurants tantôt de bric et de broc, tantôt branchés.

Puis nous retrouvons la route qui traverse l’île, et… montons ? Ah ben oui ça monte et pas qu’un peu ! et avec le vélo rouillé aux pignons aléatoires, ce n’est pas une mince affaire. Si on avait su, on aurait acheté des marrons à mettre dans le nez, les vieux tacots qui dégazent dans la montée nous auraient fait bouillir les châtaignes dans les narines.
Dans un tournant, nous faisons halte pour apprécier la vue : elle en valait la chandelle. Vue imprenable sur le village de Lembongan, la plage, toute la baie jusqu’à Bali avec le volcan Agung qui se dresse au fond.

Vue sur le village

Nous reprenons la route, accompagnés par un chien errant ange gardien. Sur le bord de la route, un étrange cimetière où chaque pierre tombale est protégée d’un petit parapluie coloré. C’est aussi étrange que mignon.

Ombrelles sur tombes

Plus loin, nous entrons dans un village et sommes stoppés par une procession. Une cinquantaine de personnes vêtues de jaune et de blanc font jouer gongs et autres instruments en chantant. Ils entrent tous sous une arche d’un temple hindou avant de s’assembler et s’asseoir parterre. On n’en saura pas plus, nous ne sommes pas conviés à l’événement.

Procession

Une longue descente nous amène à la plage découverte à marée basse. Il est déjà 18h passés et les touristes avancent vers les petits restaurants pour profiter du coucher de soleil. Alors nous prenons notre courage à deux jambes et pédalons vite vers Mushroom Beach pour profiter des dernières lueurs du jour.

Comme nous n’avons pas de phare, ce fut bref et nous rentrons dard dard au village. Complètement au Nord de l’île, sur la langue de terre protégeant la mangrove, nous trouvons un petit resto Routardé qui sert de bons poissons. Le Français de la table d’à-côté nous rassure : le Jackfish est excellent. Et on confirme !

Warung poisson

Retour à Bali

La virée à Lembongan aura été rapide, mais nous en avons bien profité. Quelques jours de plus nous auraient porté à la découverte de Nusa Penida et sa nature sauvage. Ce sera pour une prochaine vie.

Rembobinage de l’histoire pour le trajet de retour jusqu’à Sanur. De là, nous regardons pour prendre un bus. Bien évidement les chauffeurs de taxi nous alpaguent pour nous offrir une course bien trop chère. Nous négocions au même prix que le bus (quasiment) et pour 160 000 Rp, nous faisons route vers Ubud ! Ni à attendre le bus une heure, ni à marcher à la gare de bus avec nos sacs. Affaire rondement menée. Un petit luxe qu’Emi s’offre volontiers alors qu’elle a été malade ces deux derniers jours.
En route, on aborde plein de sujets comme la religion hindoue (on en a fait un article), l’achat de mobylette sous forme de prêts, la ‘bizarrerie’ des musulmans à mettre un voile alors qu’ici il n’y a pas de sable. Surtout, il nous file plein de conseils pour aller à Java tranquilles. Au top.

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