Guide du voyageur responsable

La bonne recette pour être exemplaire ?

Comment vivre ses vacances, son voyage ou ses expériences de loisir en accord avec ses valeurs et les enjeux sociaux et environnementaux qui nous sont chers ?

Y a-t-il une solution idéale à suivre pour devenir un.e voyageur.se exemplaire ?

Avec Internet et les réseaux sociaux, l’information en un clic, une facilité déconcertante de trouver des réponses avec quelques mots clés, la multiplication des infox en tout genre… on oublie souvent que lire une réponse est bien différent de trouver sa propre réponse. Et cette dernière demande du temps.
Par ailleurs, souvenez-vous d’un de vos meilleurs souvenirs de voyage ou vacances… Ca y est ? Vous en tenez un ? Je suis prêt à parier qu’il ne provient pas d’une expérience qui vous aura été vendue comme LA meilleure à faire.

Aussi, je vous propose ici plusieurs clés de réflexion car je pense que :

  1. nos différences doivent rester une richesse et pouvoir créer l’écosystème résilient dont le monde à besoin
  2. vivre ses valeurs c’est une démarche sur-mesure et personnelle
  3. chacun a son rythme. Vouloir tout apprendre ou bien modifier toutes ses habitudes du jour au lendemain n’est psychologiquement pas tenable

🎶 Chacun sa route, chacun son chemin, chacun son rêve, chacun son destin 🎵

« L’important ce n’est pas la destination, c’est le voyage » (Robert Louis Stevenson) et « toujours le chemin parcouru, et les détours surtout » (Mondial nomade de Philippe Pollet-Villard)

Les paradoxes du voyageur

Anxiété et contrainte VS développement et épanouissement

« Et alors, c’est les vacances, j’ai le droit de me relâcher un peu non ? » (Touriste Deubaze)

Nous vivons un moment passionnant de notre histoire. Nous traversons des crises systémiques écologiques, sanitaires, sociales et sociétales. Chez certains, elles provoquent de l’anxiété. D’autres perçoivent en leurs réponses uniquement des contraintes limitantes et destructrices. Je préfère y voir une opportunité formidable de co-construction, de création et d’épanouissement individuel et collectif.

Pour éviter le malaise, il s’agit d’éviter la dissonance cognitive entre nos actes et nos valeurs qui est si inconfortable. Vous vous sentez tiraillés ?

Conserver ses pratiques responsables en voyage ?

Chacun d’entre nous a ses propres chevaux de bataille. Dérèglement climatique, justice sociale, répartition des richesses et ressources, alimentation saine, effondrement de la biodiversité, bien-être animal, les thèmes sont nombreux.

Au quotidien, il est déjà difficile de convertir les envies en paroles puis en actes.
Alors en dehors de son domicile, et parfois en dehors de sa sphère de confort, c’est d’autant plus compliqué.

« Tiens ! une bière locale, je vais en prendre une pour soutenir cet artisan. Ah zut la bouteille en verre va finir à la benne car ce territoire n’a pas de tri. »

« Tiens tu as vu cette région enclavée qui ne vit que par le tourisme ? J’ai envie d’aller soutenir leur démarche éco-responsable locale. Ah mais cela veut dire prendre un aller-retour en avion… »

« Bof, cette chambre d’hôte n’a pas de démarche environnementale, mais si personne n’y va et ne discute avec eux, ils ne pourront jamais avoir les ressources pour engager des projets de transition. »

Faire sa part c’est faire des choix

Choisir c’est si important ?

Les choix du voyageur sont multiples (j’en parle un peu plus bas) et initient des changements en impactant directement :

  1. vous-même, et particulièrement vos émotions
  2. les acteurs que vous rencontrez. Chaque sou dépensé soutient une activité. Chaque parole échangée influence.
  3. vos proches. Nous inspirons les autres par nos choix, nos comportements, nos expériences et l’image que nous véhiculons
  4. votre environnement visible (vivant humain, vivant non humain, et paysage) et non visible (air, cours d’eau, océan, sol et terre), par nos faits et gestes de citoyen du monde (trace physique, mentale ou morale)

Comment choisir ?

Contrairement au viel adage « choisir c’est renoncer » qui met autant la pression qu’il est négatif, je préfère dire que « choisir c’est être acteur de sa vie ». Le choix libère de l’immobilisme, permet de se démarquer donc d’exister, et déclenche une action et un mouvement. Il apporte du contrôle et empêche la frustration, l’impression de subir (« je suis déçu mais je le pressentais et je n’ai rien fait »). Et lorsque les issues sont positives, la satisfaction qui en découle est formidablement réjouissante !

Personnellement, pour choisir je me force à me poser la question : « si je choisis ça, franchement, je risque quoi ? ». Les sciences cognitives nous apprennent que le moteur de la prise de décision est le déclenchement d’une émotion positive provoquée par un des choix : il s’agit alors de trouver comment convertir ce choix en expérience réjouissante.

Des choix en voyageant, il y en a une toute une tripotée… alors vous imaginez lorsque chacun d’eux provoquera une émotion positive ?

« Le bonheur ne se trouve pas au sommet de la montagne, mais dans la façon de la gravir » (Confucius)

Alors que dois-je choisir ?

En tant que visiteur, touriste, ou voyageur, les impacts liés à nos choix découlent de trois types d’actions :

  1. Soutien économique : je finance qui et quoi ?
  2. Interaction sociale : j’exprime et communique des idées et des émotions
  3. Modification de mon environnement : j’agis, je laisse une trace

Avant

  • Choix du temps à consacrer à mon voyage
  • Choix de la destination
    • distance (spatiale mais aussi temporelle et culturelle)
    • contexte local
  • Choix du mode de transport pour y parvenir
  • Choix du budget à consacrer

Pendant

  • Choix de l’hébergement
  • Choix de la restauration
  • Choix de l’emploi de mon temps (boulimique de visite ? prendre le temps, notamment pour bien-être et inspiration et diminuer stress)
  • Choix des activités (loisir / éducation, culture / action, bénévolat)
  • Choix de la façon de se déplacer
  • Choix du fléchage de mon budget
  • Choix des achats
    • quotidiens
    • de souvenirs
  • Choix de faire des retours aux acteurs rencontrés
  • Choix de communiquer pour influencer les autres voyageurs ou touristes
  • Choix de lâcher prise : improvisation, surprise, ouverture aux autres et aux opportunités

Après

  • Choix de communiquer pour inspirer proches, famille, collègues, etc.

Oula, mais je commence par quoi ?

Eh bien vous pouvez commencer par en prendre un au hasard, et passer un peu de temps à y réfléchir. Ce que ça veut dire pour vous, ce qui est important pour vous, et identifier vos limites.

Pour vous aider, voici une liste de thématiques sur lesquelles on peut travailler.

Réveillons l’ours qui sommeille en nous : 🎶 Il en faut peu pour être heureux 🎵

Les thématiques sur lesquelles on peut travailler

Chacun les siennes, celles qui nous tiennent le plus à coeur. Voici une petite liste inspirée des 17 ODD de l’ONU,

  • Biodiversité
  • Dérèglement climatique
  • Santé, conditions sanitaires
  • Pollution (eau, terre, air)
  • Discriminations (racisme, sexisme, homophobie, envers l’ethnie ou la religion, handicaps, etc.)
  • Répartition et accès aux ressources (eau, air, terre, nourriture, biens communs, matériaux, etc.)
  • Raréfaction de l’énergie
  • Inégalités des droits, justice sociale
  • Régime politique, liberté de penser et d’agir
  • Accès, conservation et diffusion de la culture et du savoir (y compris enseignement et médias)
  • Sécurité des biens et personnes

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