Déclarer un vol à la police en Indonésie

La grande majorité des Indonésiens sont adorables mais comme partout il y aussi des gens moins fiables. Dans une foule dense, je me suis fait voler des appareils électroniques.

Chez Chapka (et les autres aussi certainement) il faut impérativement déclarer à la police dans les 24h le vol avec agression pour espérer un remboursement partiel des biens.

Nous avons demandé conseil aux locaux sur comment fonctionne la police en Indonésie. Le réceptionniste de l’hôtel où nous étions ne parlant pas anglais, il est allé cherché un client 🙂 Client qui nous a noté sur une feuille l’adresse du poste de police le plus proche (Polsek = poste de police) ainsi qu’en Indonésien une description de ma demande.

Polsek – Poste de police

Nous voilà donc partis pour Polsek Genteng, le poste de police ouvert 24h/24. On sort de la Go-car (Über local) et un policier vient nous demander ce que nous voulons. Notre papier écrit en Indonésien (rapport de police pour vol = surat keterangan kecurian) est d’une grande utilité !

Il nous fait asseoir dans le petit poste. Trois policiers en uniformes sont derrière leurs bureaux et ordinateurs. « Français ? » « Zidane ? » c’est universel =) L’ambiance est très décontractée ici, rien à voir avec l’intimidation à la cow-boy des flics Français. Les policiers Indonésiens sont avant tout là pour aider, avec le sourire rassurant. Les locaux sont tout aussi décontractés d’aller au poste.
Je me suis habillé pour les démarches administratives : en pantalon et non en short. Il parait que c’est mieux et plus respectueux.
Personne ne parle bien anglais ici, mais le gendarme souhaite prendre les choses en main et nous répète régulièrement « je vais vous aider ne vous inquiétez pas ». Nous comprenons que le meilleur endroit pour un dépôt de plainte est le commissariat de police de la ville, et nous commande un Grab (autre Über local) pour nous y emmener. Il donne même des ordres aux chauffeur pour qu’il prenne bien soin de nous !

Polrestabes – Commissariat de police

Une demi-heure plus tard, le chauffeur de Grab nous dépose devant l’entrée du commissariat, services administratifs. Il insiste pour nous offrir la course ! Vraiment trop gentil.

Nous entrons dans la salle toute neuve. L’ambiance est autre ! Trois rangées de sièges emplis de personnes qui attendent leur tour leur ticket à la main. A gauche, une salle de jeux pour enfants et des tasses en libre service pour du café ou du thé chaud gratuit. Le personnel compte une dizaine d’âmes, habillées simplement, assis derrière leur bel écran plat d’ordinateur en recevant les demandes. Au fond de la salle, des vraies toilettes propres avec lavabo et savon ! Et la salle est climatisée.

Dès qu’on entre, nos gros sacs sur le dos, tous les regards se portent sur nous et deux agents en polo se précipitent pour s’enquérir de notre demande. Ils choisissent pour nous la catégorie du ticket de file d’attente (laporan polisi = rapport de police) et nous prient de nous asseoir.

Il est midi trente, et c’est parti pour deux heures d’attente. Notre catégorie est la seule à rester immobile. En fait, le comptoir qui s’en occupe est vide depuis un moment, l’agent étant parti. Mais on nous rassure, on va passer. Ah.

La principale attraction est le clip qui passe en boucle sur la télé juste au-dessus de notre tête. C’est une vidéo des 72 ans de la police où on y voit tous les services de police danser et chanter. Oui oui ! tous les services de police ! Des officiers en uniforme avec un balais à la main et un serre tête décoratif, au personnel administratif se trémoussant sur le chaise derrière leur PC, ou encore les hauts gradés faisant des roues avec leur hanche les bras en l’air. Enormissime ce clip. Il en dit long sur l’état d’esprit qui règne ici en Indonésie ! Cela confirme d’ailleurs ce que nous avions déjà entendu par un ami expat’ Français : la police est très proche de la population et est avant tout là pour aider (surtout après la récente grande vague anti-corruption). Génial ! Magique ! Emi surprend un des personnels à chantonner et bouger la tête en rythme sur la musique traditionnelle du clip : lorsqu’il s’en rend compte il lui renvoit un grand sourire. C’est cool ici ! Pour un aperçu du clip c’est là, attention sourire garanti !

A 14h30, la télé est éteinte, le distributeur de tickets de file d’attente aussi, et les trois quart de la salle d’attente est vide. Euh… avec le personnel qui s’en va on n’en mène plus large. Heureusement qu’on est arrivé avant 14h !

Un employé m’invite à son bureau et m’invite à expliquer la situation. Je lui formule ma demande, à grands renforts de Google Translate (très utile la carte SIM !). Il est préoccupé par le lieu de l’agression car le dépôt de plainte doit être fait obligatoirement dans la région d’occurrence du vol. Il faut bien une demi-heure pour que nous nous comprenions vraiment et que trois collègues s’en mêlent, y compris le seul policier en uniforme qui valide les documents un peu à l’arrière de la troupe administrative.

C’est bon ! On commence à remplir un rapport jaune. Tout mon état civil de mon passeport est soigneusement recopié, puis commence le dépôt de plainte. Des allers-retours Google Translate permettent de clarifier la situation, à coup de renforts de mimes et expressions faciales. Tout est consigné, et je dois signer la déposition écrite en indonésien (Bahasa Indonesia). Croisons les doigts pour qu’il ne soit pas écrit que je leur doivent un million d’euros !

Et… le rapport est confié à une autre personne qui se charge maintenant de tout recopier sur ordi. Efficacité de l’administration, il n’y a pas qu’en France où on a des progrès à faire. Au moins ici tout le monde à le sourire !

Une fois le document imprimé, je dois le signer à nouveau avant qu’il passe devant le commissaire aux lunettes et uniforme qui tire la tronche. C’est bon ça passe !

« Voilà ! » : on me donne un résumé du dossier écrit tout en indonésien où est juste marqué « déclaration de vol » (Pecurian). Je relis mon état civil et… je suis passé musulman ! Religion : Islam. Haha, pas sûr que l’assurance en ait quelque chose à faire, par contre ça ne va carrément pas suffire pour l’indemnisation ! « A oui mais le dossier complet est propriété de la police, on ne peut pas vous en fournir une copie ». Riza, une jeune femme avocate et amie d’un des policiers vient donner un coup de main, c’est la seule parlant anglais de l’assistance, et elle est embauchée pour nous suivre pendant la suite. Nous comprenons que maintenant il s’agit d’aller dans un nouveau bureau.

Il pleut, et nous sortons du bâtiment d’accueil du public pour aller vers un bâtiment beaucoup plus rustique. Un ascenseur dans lequel il est difficile de rentrer avec nos gros sacs nous emmène à l’étage des dépositions. Une petite dizaine de policier en uniforme blanc, derrière des bureaux, sur des canapés à regarder la télé, ou fumant leur cigarette nous regardent avec des yeux ronds. Eh oui, il va falloir bosser les gars ! On nous offre de l’eau, nous dit de nous asseoir, et bientôt on m’appelle au bureau. Tout le monde a le sourire aux lèvres : « dua bule » (deux étrangers blancs) c’est l’attraction ! On nous interdit de prendre des photos, par contre eux ne s’en privent pas.

Riza m’explique qu’il s’agit maintenant de faire la déposition pour la recherche de l’agresseur et du matériel. Au final, l’employé de police face à moi retape consciencieusement une nouvelle fois le rapport fait deux heures auparavant, supervisé par un collègue qui vérifie à côté. A part une correction ou deux, aidé de Riza, c’est une nouvelle heure de passée pour pas grand chose. Musique, télé et cigarette dans une ambiance détendue : ils bossent à leur rythme mais professionnellement et en souriant ! Je donne la liste de tout ce qui m’a été dérobé avec les détails. Ah, ce coup-ci j’espère pouvoir une copie pour l’assurance ! « Désolé, ce rapport n’est que pour la police »… Zut !

Retour à la case départ, dans l’espace ouvert au public, le seul endroit bien neuf du commissariat. C’est quasiment désert à part deux trois péquins qui attendent patiemment leur tour. Je repasse devant un employé qui tape à l’ordi. Heureusement Riza a bien compris ma préoccupation : j’ai besoin d’un rapport de police en anglais indiquant vol avec violence (ou agression) et listant précisément tous les items volés. Après quelques relectures (ils avaient noté perte au lieu de vol, oublié agression et pas listé les items) me voilà en possession du précieux document.

Il fait nuit ! 6h de démarches administratives pour un papier, mais ce fût une belle aventure. Et merci Emi pour tout ton soutien !

L’heure pour nous de poursuivre la route : direction le port pour attraper le premier ferry vers Bornéo. A la sortie du commissariat, un homme nous demande ce qui nous est arrivé. Devant notre récit, il est désolé pour nous : « il y a encore trop de criminels dans ce monde ». Nous le rassurons : « nous aimons beaucoup l’Indonésie, les gens sont tellement gentils ! » Il nous sourit, s’excuse encore pour les criminels et s’en va. Nous attendons à l’abri de la pluie notre taxi (Go-Car) et le voyons revenir : « tenez, quelques biscuits à grignoter pour votre trajet en ferry ». Tellement adorable !

Bilan de cette journée

Les Indonésiens se sont pliés en quatre pour nous mener la vie facile, nous rassurer et nous accompagner. Après le désarroi des jours précédents, la chaleur au cœur est revenue ! Et je sens qu’on va passer la nuit à avoir la musique du clip de la police dans la tête…

Résumé dans l’ordre :

  • Dans les 24h, aller au commissariat de police (Polrestabes) le plus proche (dans la région d’occurrence du vol), le plus tôt possible après l’ouverture
  • Apporter son passeport, et de la patience
  • Ne pas partir sans un papier en anglais mentionnant vol avec agression, et la liste de tous les items.

Déclaration à l’assurance (Chapka)

Je parle ici de mon expérience pour l’assurance Chapka. La déclaration doit se faire sous 5 jours après l’agression, directement en ligne avec les numéros écrits sur la carte d’assuré.

On m’a demandé les pièces justificatives suivantes :

  • Ma déclaration détaillée avec les circonstances de l’agression, l’explication des pièces justificatives suivantes, l’estimation du préjudice (non modifiable après validation)
  • Rapport de police mentionnant vol avec violence
  • Passeport : page identité et visa du pays visité
  • Billets d’avion : pas très clair. Demandent le billet de départ du pays d’origine, mais quid lorsque voyage à vélo ou voyage multi-pays ?
  • Relevé d’Identité Bancaire pour recevoir l’indemnisation
  • Factures de chacun des items, et les factures doivent être nominatives à votre nom ! Les cadeaux ne sont pas indemnisés, à part ceux faits par les parents, facture et déclaration sur l’honneur à l’appui.

Il est possible d’envoyer la déclaration sans toutes les pièces jointes, qui seront transmises ensuite durant l’instruction du dossier.

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