{"id":836,"date":"2018-03-12T20:00:43","date_gmt":"2018-03-12T12:00:43","guid":{"rendered":"https:\/\/worldsways.org\/website\/?p=836"},"modified":"2018-06-18T17:56:58","modified_gmt":"2018-06-18T09:56:58","slug":"bus-banjarmasin-pangkalan-bun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/worldsways.org\/website\/journal-de-voyage\/bus-banjarmasin-pangkalan-bun\/","title":{"rendered":"Deux bus, une route, de Banjarmasin \u00e0 Pangkalan Bun"},"content":{"rendered":"<p>Alors que les (rares) touristes qui viennent dans le Kalimantan font g\u00e9n\u00e9ralement le trajet en avion en 1h20, nous commen\u00e7ons un voyage d&#8217;une journ\u00e9e pour rejoindre Pangkalan Bun, dans le Kalimantan Sud Central. Il parait qu&#8217;on y croise des orangs-outans !<\/p>\n<h2>Pr\u00e9paration de l&#8217;itin\u00e9raire<\/h2>\n<p>On l&#8217;a maintenant bien compris, \u00e0 Born\u00e9o trouver des informations fiables est d&#8217;une complexit\u00e9 redoutable. Le Lonely Planet a des infos p\u00e9rim\u00e9es, les locaux ne savent pas grand chose mais ne veulent pas l&#8217;admettre. On se retrouve alors avec une tonne de donn\u00e9es contradictoires. D&#8217;o\u00f9 on part ? \u00e0 quelle heure? combien de temps met le trajet ? combien il co\u00fbte ? M\u00eame Internet reste un peu trop sec \u00e0 notre go\u00fbt.<\/p>\n<h2>On quitte Banjarmasin !<\/h2>\n<p>Ce matin, nous sommes r\u00e9veill\u00e9s par le room service du petit d\u00e9jeuner. Pleine d&#8217;espoir, Emi ouvre la porte et r\u00e9cup\u00e8re notre plateau&#8230; deux tranches de pain grill\u00e9 et un th\u00e9 tr\u00e8s (tr\u00e8s tr\u00e8s) sucr\u00e9. Euh, vraiment ? c&#8217;est tout ? une pauvre tranche de pain? Bon&#8230; ce n&#8217;est pas fou, mais restons sur un r\u00e9veil positif. Si on oublie que la salle de bain sent les \u00e9gouts, la bonne nouvelle c&#8217;est qu&#8217;on quitte Banjarmasin, et que mis \u00e0 part l&#8217;exp\u00e9rience du joli march\u00e9 flottant nous n&#8217;avons pas ador\u00e9 cet endroit.<\/p>\n<p>Nous descendons \u00e0 l&#8217;accueil une fois les sacs boucl\u00e9s (facile, ils avaient \u00e0 peine \u00e9t\u00e9 ouverts). Nico r\u00e9serve un GrabCar (taxi au prix d\u00e9j\u00e0 n\u00e9goci\u00e9, le Uber d&#8217;Asie) et Emi file chercher une petit d\u00e9jeuner.<br \/>\nUne rue plus loin, au stand de banane, elle demande &#8220;banana empat&#8221;, paie &#8220;empat pulu ribu&#8221; (4 000 Rp) sous le regard mi-amus\u00e9, mi-adminiratif du mari de la commer\u00e7ante qui lui demande si elle parle indon\u00e9sien (bahasa indonesia). Eh ben oui ! &#8220;un tout petit peu&#8221;, &#8220;little little&#8221; accompagn\u00e9 du signe de la main qui va bien. S&#8217;ensuivent alors quelques questions, comme pour v\u00e9rifier qu&#8217;elle ma\u00eetrise bien la langue, d&#8217;o\u00f9 elle vient, quelle ville, combien de temps on reste en Indon\u00e9sie&#8230;<\/p>\n<p>Eh oui, apr\u00e8s cinq semaines dans le coin, il est possible d&#8217;avoir une conversation (tr\u00e8s basique) avec les locaux. Cela facilite grandement les n\u00e9gociations et attire la sympathie.<\/p>\n<p>Au stand d&#8217;\u00e0 c\u00f4t\u00e9, un jeune homme vends quelques tofu (tahu) et l\u00e9gumes frits sur un chariot \u00e0 roulette. Parfait, \u00e7a fera l&#8217;affaire, il faut nous d\u00e9p\u00eacher ! Emi demande &#8220;enam&#8221; (six) boulettes, paie le d\u00fb avec un sourire en le remerciant d&#8217;un &#8220;terima kasih&#8221; et rebrousse chemin.<\/p>\n<h2>Une gare inattendue<\/h2>\n<p>Nico a d\u00e9got\u00e9 un chauffeur qui passe nos sacs \u00e0 l&#8217;arri\u00e8re de sa voiture et nous demande si nous avons d\u00e9j\u00e0 les billets. Surpris d&#8217;apprendre que nous ne les avons pas il semble soucieux pour nous. Oups, peut-\u00eatre fallait-il r\u00e9server ?<\/p>\n<p>Nous suivons tout doucement un cort\u00e8ge de jeune \u00e9tudiants avec leur vestes d&#8217;\u00e9coles vertes qui militent dans la rue contre le gouvernement. Ils sont suivis de pr\u00e8s mais nonchalamment par des policiers d\u00e9tendus, voire m\u00eame amus\u00e9s.<\/p>\n<p>A mesure que nous sortons du centre ville, nous longeons de grands b\u00e2timents plus modernes, et comprenons alors que l\u00e0 o\u00f9 nous \u00e9tions n&#8217;\u00e9tait pas le quartier abritant l&#8217;\u00e9conomie vibrante et moderne. Voitures et magasins sont ici plus r\u00e9cents.<\/p>\n<p>Un petit quart d&#8217;heure plus tard, nous sommes \u00e0 la gare centrale du KM 6 (en gros la gare de bus \u00e0 six kilom\u00e8tres du centre ville). Enfin, c&#8217;est plut\u00f4t une rang\u00e9e d&#8217;une demi-douzaine de bus en tous genres, tailles et qualit\u00e9s, align\u00e9s sur un bas c\u00f4t\u00e9 en terre. Rien n&#8217;indique que c&#8217;est une gare de bus.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/worldsways.org\/website\/wp-content\/uploads\/images\/posts\/journal\/kalimantan\/bus-banjarmasin-pangkalan-bun-1.jpg\" alt=\"Gare de bus KM6\" \/><\/p>\n<p>Deux agences de voyage, et quelques vendeurs de ballotins de riz et bouteilles d&#8217;eau sont cach\u00e9s derri\u00e8re. C&#8217;est \u00e7a qui draine tout le flux des voyageurs de Banjarmasin ? La plus grande ville du Kalimantan ? Cela donne un peu une id\u00e9e du degr\u00e9 de &#8220;hors des sentiers battus&#8221; o\u00f9 nous sommes&#8230; Hahaha \ud83d\ude42<\/p>\n<h2>Billets en poche<\/h2>\n<p>Le chauffeur nous aide \u00e0 demander o\u00f9 acheter le billet et nous emm\u00e8ne jusqu&#8217;au guichet d&#8217;une compagnie. Il fait la demande pour nous : trop facile ! Une femme assise au comptoir remplie un ticket sur son carnet \u00e0 la copie carbone et demande 460 000 Rp pour deux billets. C&#8217;est \u00e0 peu pr\u00e8s ce qu&#8217;Emi avait investigu\u00e9, alors elle r\u00e8gle et part rechercher son sac et Nico qui prend le pouls de l&#8217;ambiance locale. Le bus part dans 15 minutes, juste le temps pour courir \u00e0 la sup\u00e9rette du coin acheter quelques biscuits pour le trajet ! Elle revient en nage, mais au moins on ne mourra pas de faim.<\/p>\n<h2>Bolide lanc\u00e9<\/h2>\n<p>Finalement, le bus aura 10 minutes de retard, le temps pour Emi de reprendre son souffle. Le chauffeur prend place \u00e0 son si\u00e8ge et allume la multiprise coll\u00e9e sur le tableau de bord. Disque dur externe, t\u00e9l\u00e9, radio, chargeur de t\u00e9l\u00e9phone portable, tout s&#8217;\u00e9veille. Un tour de cl\u00e9 et le moteur vrombit \u00e0 9h40, c&#8217;est parti pour&#8230; douze heures de trajets d&#8217;apr\u00e8s le Lonely !<\/p>\n<p>Petit bus, ce dernier est tout de m\u00eame climatis\u00e9, et vue la chaleur c&#8217;est d\u00e9j\u00e0 un grand r\u00e9confort. Nous essayons de choisir une place o\u00f9 la distance entre le si\u00e8ge et celui de devant permet de poser ses jambes (hein ? eh bien oui, toutes tous les si\u00e8ges ne sont pas dispos\u00e9s pareil, certains doivent faire des contorsions pour s&#8217;asseoir, mais nous sommes les seuls surpris). Parfait, les places treize et quatorze sont libres et semblent tout \u00e0 fait correctes, il est m\u00eame possible de rabaisser les si\u00e8ges pour dormir un peu, on n&#8217;en demandait pas plus ! Et en fait, on d\u00e9couvrira deux heures plus tard que ce sont les places qui nous ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es sur nos billets. Le hasard fait bien les choses.<\/p>\n<p>Comble du luxe, le bus n&#8217;\u00e9tant qu&#8217;\u00e0 moiti\u00e9 plein (que de locaux), nous profiterons de deux si\u00e8ges chacun. Ah ces occidentaux qui ont besoin d&#8217;espace, je vous jure !<\/p>\n<h3>Car \u00e0 hoquet<\/h3>\n<p>D\u00e8s les cinq premi\u00e8res minutes, nous voil\u00e0 dans l&#8217;ambiance. La t\u00e9l\u00e9vision suspendue au pare-brise s&#8217;allume, un DVD est lanc\u00e9, c&#8217;est ambiance karaok\u00e9. \u00c7a rappelle la Moldavie \u00e0 Emi, et le Cambodge \u00e0 Nico. Les clips \u00e0 l&#8217;eau de rose racontent des romances mielleuses locales avec un play-back aussi bien fait que ceux des ann\u00e9es 80. Du grand spectacle. Tout \u00e7a avec une image d\u00e9lav\u00e9e, satur\u00e9e de blanc pour att\u00e9nuer la peau bronz\u00e9e des acteurs\/chanteurs&#8230; Vous voyez le tableau ?<\/p>\n<p>Chacun se fait un plaisir de suivre les lignes qui se colorent de jaune au fur et \u00e0 mesure de la chanson, au rythme des enceintes d\u00e9j\u00e0 \u00e0 fond qui crachent au-dessus des passagers. Tous les deux, on se regarde en biais sans trop savoir s&#8217;il faut rire ou prier pour que cela ne dure pas tout le trajet&#8230; douze heures, c&#8217;est long.<\/p>\n<h3>Le suspens des suspensions<\/h3>\n<p>Avec cette musique, il ne reste plus qu&#8217;\u00e0 danser ! Et voil\u00e0 qu&#8217;\u00e0 chaque imperfection de la route, c&#8217;est d\u00e9sormais une r\u00e9alit\u00e9. Tous les passagers bondissent au moindre nid de poule, bosselette, cailloux ou graine de soja. Nous faisons des sauts de cabris \u00e0 manquer de tomber des si\u00e8ges (surtout lorsqu&#8217;on tente une sieste), il semblerait que les suspensions du bus soient un peu us\u00e9es. Suspens&#8230; tombera, tombera pas ?<\/p>\n<h2>A travers les vitres<\/h2>\n<p>Dehors, le paysage d\u00e9file mais pas vraiment \u00e0 toute allure. Les suspensions imposent un rythme tranquillou au bus et rappelle \u00e0 Nico le gag de Gaston avec Prunelle qui a le temps de cueillir les p\u00e2querettes au bord des routes.<br \/>\nPas de p\u00e2querettes ici, plut\u00f4t des bribes de jungle et surtout des for\u00eats d&#8217;arbres trop fins et d&#8217;immenses champs de&#8230; rien. De rien ?<\/p>\n<h3>Aigrie culture<\/h3>\n<p>On apprendra bient\u00f4t que l&#8217;agriculture dans ce coin de l&#8217;Indon\u00e9sie est une vaste mauvaise blague. Face \u00e0 la pression du cours du riz (l&#8217;Indon\u00e9sie importe du riz n&#8217;arrivant pas \u00e0 faire face \u00e0 la consommation, malgr\u00e9 les cultures omnipr\u00e9sentes), le gouvernement a d\u00e9cid\u00e9 de faire du Sud de Born\u00e9o une nouvelle terre \u00e0 rizi\u00e8res.<br \/>\nPlusieurs ann\u00e9es \u00e0 d\u00e9forester massivement en incendiant les for\u00eats, \u00e0 d\u00e9localiser des familles vers ces terres \u00e0 conqu\u00e9rir, \u00e0 planter du riz blanc. Eh bien c&#8217;est plut\u00f4t choux blanc. Ou m\u00eame rien du tout. Pr\u00e9cipitation sans r\u00e9flexion.<br \/>\nL&#8217;eau sal\u00e9e de la mer \u00e0 proximit\u00e9 est remont\u00e9e, et des mar\u00e9cages acides se sont d\u00e9velopp\u00e9s. Impossible de faire pousser quoique ce soit de comestible. Qui plus est la r\u00e9gion n&#8217;est pas volcanique et les terres trois fois moins fertiles qu&#8217;\u00e0 Java, Bali ou Sumatra. D\u00e9sastre \u00e9cologique autant qu&#8217;humain, les familles d\u00e9localis\u00e9es ayant tout perdu.<\/p>\n<h3>Culture m\u00eal\u00e9e<\/h3>\n<p>Nous traversons le village de Basarang : les maisons ont leurs petits temples hindous comme \u00e0 Bali, des artisans en fabriquent de nouveaux, les \u00e9coli\u00e8res n&#8217;ont pas le voile sur la t\u00eate.<br \/>\nPlus loin, des panneaux indiquent des \u00e9glises. D&#8217;autres des mosqu\u00e9es. Pas de doute, les religions se m\u00ealent par ici.<br \/>\nLes tribus ancestrales s&#8217;appellent les Dayak et sont animistes. Ils v\u00e9n\u00e8rent notamment l&#8217;oiseau Hornbill, end\u00e9mique de la r\u00e9gion, \u00e0 la t\u00eate si particuli\u00e8re (une corne au-dessus du bec). Les architectures des b\u00e2timents s&#8217;inspirent d&#8217;ailleurs de ce celui-ci.<\/p>\n<p>On s&#8217;attendait \u00e0 trouver des maisons plut\u00f4t construites de bric et de broc, ce sont pourtant des bonnes b\u00e2tisses en bois et t\u00f4le voire m\u00eame en b\u00e9ton qui jalonnent la route. Souvent munies d&#8217;une grande parabole horizontale (pas de doute, on s&#8217;approche de l&#8217;\u00e9quateur). Nombreux sont les chantiers abandonn\u00e9s o\u00f9 les parpaings se couvrent de tra\u00een\u00e9es grises.<br \/>\nLes b\u00e2timents les plus grands et costauds sont encore ces blocs de b\u00e9tons sans fen\u00eatres, au sommet desquels tourbillonnent les &#8220;swallow birds&#8221; \u00e9lev\u00e9s pour le march\u00e9 chinois.<br \/>\nAutre curiosit\u00e9 du coin ? Les toitures, souvent bleues p\u00e9tard. \u00c7a rappelle le Cambodge o\u00f9 les b\u00e2timents du parti au pouvoir (et maisons des maires) avaient toutes le toit bleu. Mais ici il parait que c&#8217;est juste la mode, une marque de mat\u00e9riaux de toiture un peu &#8220;cheap&#8221; a d\u00e9cid\u00e9 le bleu, et zou tout devient bleu.<\/p>\n<h2>Un air d&#8217;autoroute<\/h2>\n<p>A 11h20, le bus ralenti et s&#8217;arr\u00eate. Presque quatre heures que nous roulons d\u00e9j\u00e0. Vous allez dire voil\u00e0 qu&#8217;il ne sait plus compter&#8230; quatre ? eh oui quatre ! \u00e0 quelques kilom\u00e8tres \u00e0 peine de Banjarmasin on a crois\u00e9 un fuseau horaire.<br \/>\nVoici une sorte d&#8217;aire de repos : une grande cantine et des toilettes. On ne sait pas si on s&#8217;arr\u00eatera \u00e0 nouveau, ni combien de temps exactement dure la pause, alors nous saisissons notre chance. Gageons que le bus ne reparte que lorsque tout le monde sera \u00e0 bord. On guette d&#8217;un oeil les all\u00e9s et venues du chauffeur, pr\u00eats \u00e0 bondir.<\/p>\n<p>Ici, personne ne parle un mot d&#8217;anglais, alors nous observons les autres et faisons de m\u00eame. On montre les plats qui nous tentent, un poulet, deux l\u00e9gumes, des \u0153ufs (les plats sont minuscules, alors on charge la barque). On nous sert un grand saladier (ou plut\u00f4t un \u00e9gouttoir) de riz avec, ouf.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/worldsways.org\/website\/wp-content\/uploads\/images\/posts\/journal\/kalimantan\/bus-banjarmasin-pangkalan-bun-2.jpg\" alt=\"Bonne surprise \u00e0 la cantine\" \/><\/p>\n<p>C&#8217;est une bonne surprise, nous mangeons tr\u00e8s bien, tout a du go\u00fbt et semble assez frais. Nous qui pensions ne pas tout finir, il ne reste plus rien.<br \/>\nPetits suspens quand Emi va payer. Le premier c&#8217;est le chauffeur qui a disparu de notre champs de vision depuis quelques minutes. Le second c&#8217;est l&#8217;addition, car il nous reste exactement en porte feuille 132 400 roupies et on n&#8217;a aucune id\u00e9e du prix&#8230; On s&#8217;en tire pour 80 000 roupies&#8230; Ouf ! on ne va faire la plonge ! Le bus red\u00e9marre \u00e0 12h00 p\u00e9tantes.<\/p>\n<h2>Future capitale de l&#8217;Indon\u00e9sie ?<\/h2>\n<p>Un feu rouge ! Wouhou ! Le premier de Born\u00e9o ! Pas de doute on arrive dans une grande ville. Des b\u00e2timents imposants de l&#8217;arm\u00e9e nous accueillent aux abords de Palangka Raya. Le gouvernement r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 d\u00e9localiser les administrations du pays \u00e0 Born\u00e9o, ici m\u00eame, pour rappeler que l&#8217;Indon\u00e9sie c&#8217;est bien une multitude d&#8217;\u00eeles et pas seulement Java. D\u00e9cid\u00e9ment, il est bien ce nouveau pr\u00e9sident.<\/p>\n<p>Il est 13h45. Apr\u00e8s cinq heures de trajets et 185km seulement, nous comprenons qu&#8217;il est temps de descendre du bus pour en changer. On passe au comptoir de notre compagnie PO Logos : il y a une correspondance de deux heures. Et il faut attendre dans un b\u00e2timent tout en b\u00e9ton o\u00f9 la temp\u00e9rature nous accable. Youpiii !<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/worldsways.org\/website\/wp-content\/uploads\/images\/posts\/journal\/kalimantan\/bus-banjarmasin-pangkalan-bun-3.jpg\" alt=\"Terminal de bus de Palangka Raya\" \/><\/p>\n<p>Nous sommes les seuls blancs \u00e0 attendre ici, parmi les locaux qui nous regardent surpris. Le grand terminal de bus a quelques alc\u00f4ves occup\u00e9es par des sup\u00e9rettes de fortune, des petites cuisines, des toilettes, et des salles de pri\u00e8re musulmanes.<\/p>\n<p>Nous prenons place sur un banc, et utilisons la prise \u00e9lectrique aux fils qui pendent pour recharger nos PC.<br \/>\nNous tombons sous le charme de petits chatons mignons qui cherchent la fra\u00eecheur : quoi de mieux que l&#8217;a\u00e9ration du distributeur de boissons !<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/worldsways.org\/website\/wp-content\/uploads\/images\/posts\/journal\/kalimantan\/bus-banjarmasin-pangkalan-bun-4.jpg\" alt=\"Un peu de frais !\" \/><\/p>\n<h2>C&#8217;est reparti<\/h2>\n<p>A 15h50 nouvelle heure, notre nouveau car grand confort d\u00e9marre. Il bombe pleine balles sur la route. Heureusement que la suspension fonctionne mieux ce coup-ci, car sinon on sauterait au plafond. Aaah pas de clip sur la t\u00e9l\u00e9&#8230; mais une radio bien forte qui nous emp\u00eachera de dormir un peu.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/worldsways.org\/website\/wp-content\/uploads\/images\/posts\/journal\/kalimantan\/bus-banjarmasin-pangkalan-bun-5.jpg\" alt=\"Grand car grand confort\" \/><\/p>\n<h2>C&#8217;est la f\u00eate \u00e0 la grenouille<\/h2>\n<p>Il pleut, croisons les doigts pour que les pneus tiennent la route. Route passante d&#8217;ailleurs, chaque village crois\u00e9 est bien plus d\u00e9velopp\u00e9 et moderne qu&#8217;on aurait pu l&#8217;imaginer. On y aper\u00e7oit m\u00eame des salles de jeux vid\u00e9os, o\u00f9 des jeunes sont assis parterre en face de leur t\u00e9l\u00e9, une manette de ps2 ou ps3 dans les mains.<br \/>\nPuis c&#8217;est \u00e0 nouveau la campagne, des for\u00eats denses aux petits arbres fins, qui tentent de repousser apr\u00e8s les coupes rases.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/worldsways.org\/website\/wp-content\/uploads\/images\/posts\/journal\/kalimantan\/bus-banjarmasin-pangkalan-bun-6.jpg\" alt=\"Emi confortablement install\u00e9e\" \/><\/p>\n<h2>Cantine de nuit<\/h2>\n<p>17h50 le bus s&#8217;arr\u00eate \u00e0 nouveau. 100km seulement depuis le changement de bus. Soit 285km depuis que nous avons quitt\u00e9 Banjarmasin il y a&#8230; 9h d\u00e9j\u00e0 ! et il reste 365km \u00e0 faire. No way. On va arriver \u00e0 quelle heure ? Le Lonely Planet marquait 12h de bus, \u00e0 part un miracle c&#8217;est mission impossible.<\/p>\n<p>La nuit tombe, et les musulmans de notre bus vont faire leur pri\u00e8re \u00e0 la mosqu\u00e9e. Visiblement c&#8217;est \u00e9galement la pause repas du soir, alors nous prenons place dans la petite cantine avec deux &#8220;mie bakso&#8221; (des soupes de nouilles avec des boulettes) et deux th\u00e9s.<\/p>\n<p>18h20, le bus repart sur les chapeaux de roues.<\/p>\n<h2>Pimp my bus<\/h2>\n<p>C&#8217;est la nuit noire maintenant, et chaque bus rivalise de kitch-k\u00e9k\u00e9 avec ses rang\u00e9es de diodes vertes, bleues, et phares qui clignotent aux couleurs de l&#8217;arc-en-ciel.<br \/>\nCertains vont m\u00eame mettre jusqu&#8217;\u00e0 des n\u00e9ons fluo dans les bas de caisse.<\/p>\n<h2>Fin de trajet<\/h2>\n<p>Encore une pause \u00e0 21h, au terminal de bus de Sampit, derni\u00e8re grande ville avant l&#8217;arriv\u00e9e \u00e0&#8230; 230km encore. D\u00e9j\u00e0 407km, wouhou ! Selon le timing du Lonely Planet, on est cens\u00e9s \u00eatre arriv\u00e9s.<br \/>\n21h24, zouh, c&#8217;est reparti.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/worldsways.org\/website\/wp-content\/uploads\/images\/posts\/journal\/kalimantan\/bus-banjarmasin-pangkalan-bun-7.jpg\" alt=\"Nico tente de lire un peu\" \/><\/p>\n<p>Pop indon\u00e9sienne toujours dans le hauts-parleurs, on tient bon. Nous tentons la sieste : Emi a pr\u00e9vu le drap de soie, le masque de nuit et l&#8217;oreiller gonflable. Nico n&#8217;a que son pull et son pantalon pour ne pas geler sur place &#8211; merci la clim&#8217;. Nico jette l&#8217;\u00e9ponge et essaie de lire gr\u00e2ce aux lumi\u00e8res positionn\u00e9es d\u00e9bilement juste au-dessus du si\u00e8ge. Oui vous avez bien lu, juste au-dessus du si\u00e8ge. \u00c7a sert \u00e0 quoi d&#8217;\u00e9clairer le sommet du cr\u00e2ne des passagers ? Nico jette une seconde fois l&#8217;\u00e9ponge, mission impossible, surtout avec la musique et les soubresauts de la route.<\/p>\n<p>Vingt kilom\u00e8tres avant la fin, \u00e0 1h30 du mat&#8217;, on s&#8217;arr\u00eate. Deux autres bus d&#8217;une autre compagnie sont arr\u00eat\u00e9s. Une panne ? Verdict inconnu, et notre chauffeur red\u00e9marre apr\u00e8s dix minutes.<\/p>\n<p>Deux heures du matin, 17h20 apr\u00e8s \u00eatre partis, nous voil\u00e0 \u00e0 Pangkalan Bun, enfin ! Nous sommes les derniers \u00e0 sortir du bus alors que nos chauffeur nous d\u00e9pose devant notre h\u00f4tel : le seul encore ouvert \u00e0 cette heure tardive.<\/p>\n<p>Pas f\u00e2ch\u00e9s d&#8217;\u00eatre arriv\u00e9s, on monte dans notre chambre sans fen\u00eatres (mais propre dans un h\u00f4tel pour professionnels, avec une salle de conf\u00e9rence).<br \/>\nOn apprendra plus tard que le trajet met habituellement 18h avec une pause oblig\u00e9e \u00e0 Palangka Raya. Nous sommes presque en avance alors. Merci le Lonely pour ses informations erron\u00e9es.<\/p>\n<h2>Et pourtant le temps est pass\u00e9 vite<\/h2>\n<p>\u00c9trangement, nous nous habituons \u00e0 ces longs trajets. Nous sommes surpris d&#8217;observer notre patience, ainsi que la &#8220;rapidit\u00e9&#8221; avec laquelle le temps finit par passer. Nous pr\u00e9voyons \u00e0 chaque fois moultes occupations, une quantit\u00e9 d&#8217;articles \u00e0 \u00e9crire, de livres et informations \u00e0 lire, et n&#8217;avons pas le temps d&#8217;en terminer le quart.<br \/>\nLes heures de transport ce sont les rares moments du voyage o\u00f9 la t\u00eate peut se reposer, se laisser aller dans ses pens\u00e9es, et voir d\u00e9filer tranquillement le paysage. Alors pourquoi s&#8217;en priver ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que les (rares) touristes qui viennent dans le Kalimantan font g\u00e9n\u00e9ralement le trajet en avion en 1h20, nous commen\u00e7ons un voyage d&#8217;une journ\u00e9e pour rejoindre Pangkalan Bun, dans le Kalimantan Sud Central. 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